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Ju in America

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18 octobre 2014

Woody Woodpecker

Samedi

Toujours un peu fourbu de la veille et après une autre nuit froide au Yosemite, on récupère nos affaires et on reprend la route. On n’en a pas tout a fait fini avec le parc cependant. Avant de se mettre en route pour San Francisco, on a prévu de passer voir Bridalveil Fall, Inspiration Point et surtout les séquoias géants de Mariposa grove. Quand on arrive au parking de Bridalveil Fall, celui-ci est plein et il y a une file de voiture qui attend des places. On n’a pas la patience d’attendre et on passe directement au point suivant de notre programme.

Inspiration Point offre une vue majestueuse sur le Yosemite. Elle a le malheur d’être sur la route principale d’entrée dans le parc, et le parking est donc blindé de touristes. Pour les courageux, il y a une petite rando qui monte dans la montagne pour rejoindre l’ancienne route utilisée par les diligences. On reprend notre rythme de hier et une heure plus tard on arrive à l’ancien Inspiration Point. C’est calme, boisée et plus haut ; la vue est meilleure et on peut en profiter tout seul… que demander de plus ? On peut encore voir la trace de l’ancienne route et l’endroit ou s’arrêtait les diligences pour permettre aux passagers d’apercevoir enfin le Yosemite.

Arrêt suivant : Maripose grove et ses fameux séquoias géants. C’est une balade sympa, très balisée avec de l’information un peu partout. Il y a pas mal de monde mais l’endroit est grand donc après 10min de marche on est déjà plus tranquille. Un des premiers séquoias que l’on croise est célèbre pour avoir été victime de la stupidité humaine. On tunnel a été creuse dans l’arbre au siècle dernier pour permettre a des voitures de passer a travers. Malgré ces mutilations l’arbre est toujours vivant mais de voir son intérieur exposé comme ca est très désagréable. C’est du vandalisme gratuit… autres temps autre mœurs.

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Les séquoias sont impressionnants. Leur largeur et leur hauteur sont hors norme. Ils ont en plus des caractéristiques très surprenantes. Des arbres aussi grand on besoin de pas mal de ressources, ils ont donc tendance à pousser assez loin les uns des autres. Par fois le hasard fait que 2 arbres commencent leur vie en même temps et relativement proche. Quand ca arrive, au lieu de se battre pour les ressources, ils unissent leur racines et partagent les ressources, grandissant côte à côte. Plus ils s’épaississent, plus ils se rapprochent et finissent par unir leur tronc. Le plus célèbre de ces couple est le « Faithful couple ». Sur une quinzaine de mètres de haut, on peut voir que leur tronc ne fait qu’un. L’écorce pousse autour des 2 arbres à la fois, c’est assez incroyable. En face d’eux se trouve un autre couple, aussi proche mais ils n’ont pas encore commence à unir leur tronc. S’ils continuent leur croissance a un rythme normal, ils devraient commencer le processus d’ici 50 ans.

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Une autre particularité de ces arbres et leur relation au feu. On peut voir un certain nombre d’entre eux avec une partie de leur tronc brulés. Ca créer une cavité énorme mais étonnamment ca ne tue pas l’arbre, ils continuent à pousser, plus lentement c’est tout. Mais le feu à un autre effet essentiel pour les séquoias, il tue la concurrence. Au siècle dernier, on a commence à éteindre les incendies de forêt systématiquement, ce qui a permis a toute une végétation de prospérer et comme les jeunes séquoias ne sont pas très compétitifs, la population de nouveaux arbre s’est effondrée. Pour remédier au problème, les gardes forestiers déclenchent maintenant des feux contrôlés à intervalle régulier pour maintenir un environnement favorable aux séquoias.

Lors de notre balade dans la forêt on a eu la chance d’assister à 2 scènes de la vie animale étonnante. On marchait sur un sentier calme lorsqu’on a commence à entendre des bruits de coups répétés et rapides sur du bois. On met quelques minutes pour localiser la source du bruit et on finit par repérer le coupable : un pic épeiche (woodpecker). Il était tranquillement en train de tambouriner sur un arbre mort. On l’observe quelques minutes avant de voir apparaitre sur le même arbre un écureuil. Celui-ci s’approche doucement de l’oiseau puis fonce sur lui, le prenant totalement par surprise. Rassemblant toute la dignité qui lui reste le pic s’envole non sans protester contre le mauvais tour que lui a joué l’écureuil. Sur le chemin du retour on tombe sur un petit groupe de touristes arrêtés sur le sentier. Quelques mètres plus loin deux cervidés sont en train de manger les feuilles d’un arbre. Les deux animaux jettent un coup d’œil vers notre groupe de temps à autre mais n’ont pas vraiment l’air concerné par notre présence. Au bout d’une dizaine de minute on décide de passer doucement à coté d’eux en longeant le cote oppose du sentier. Une bonne dizaine de personnes vont passer a quelques mètres d’eux sans que ca ne provoque plus qu’un regard blazé de leur part entre deux bouchées de feuilles fraiches… unique !

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Il est presque 16h et on a 4h de route pour arriver à San Francisco. On aurait aimé passer plus de temps avec ces géants mais ce n’est malheureusement pas possible. A part un arrêt dans un dinner super kitsch pour un café, le trajet se déroule sans histoire. A San Francisco, nos retrouvailles avec la civilisation nous permettent de nous débarrasser de nos pieds de hobbits avec une bonne douche et d’élargir à nouveau notre horizon culinaire avec des sushis.

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17 octobre 2014

Cirith Ungol

Vendredi

L’objectif de la journée est la Upper Yosemite Falls trail. On voulait faire le half-dome mais on n’a pas eu de chance avec les permis. L’accès au half-dome est limité à un certain nombre de personnes par jour. On peut soit réserver son permis des mois à l’avance, soit on tente sa change a la loterie 2 jour avant et on sait si on peut monter le lendemain… Ce sera pour une 3e visite ! La rando de la journée ne va pas être une partie de plaisir cependant. C’est une des plus vielles rando du parc avec en alternance, des chemins en lacet et des escaliers taillés dans la roche. Il n’y a pas de ravitaillement possible sur le chemin… ni même en haut, il nous faut donc emporter suffisamment d’eau et de nourriture.

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Une fois le plein des gourdes fait, les sandwichs préparés et les appareils photos dans les sacs à dos, on prend le bus, qui fait le tour du parc, et on descend au point de départ de la rando. Il n’y a pas de round d’observation, on entre directement dans le vif du sujet avec un sentier en escalier et en lacet qui serpentent dans la forêt. On finit par sortir de la forêt au bout d’une bonne heure et on a droit à notre premier point de vue sur la vallée. On a du mal à trouver notre rythme au début et Mar envisage même de faire demi-tour. On décide de se donner un peu plus de temps en se forçant à marcher plus lentement avant de rebrousser chemin… et ca marche. On est des New-Yorkais pressés et toutes les rando qu’on avait faites jusqu'à présent étaient assez plates. C’est autrement plus dur ici, ca grimpe et il faut simplement prendre son temps pour éviter de se mettre dans le rouge.

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Ca fait presque 2h qu’on marche et on a enfin droit à la première vue des chutes. On est tôt dans la saison, il y a donc toujours un débit très raisonnable. Le bas des chutes est en plus décoré d’un bel arc-en-ciel. On s’octroie une petite pause pour prendre quelques photos et récupérer un peu. On a un peu de plat après la pause et même un peu de descente, ce qui provoque des commentaires acerbes de ma partenaire de voyage qui n’apprécie que très peu de devoir descendre pour devoir remonter après :D Cette section est malheureusement trop courte et on arrive devant un mur. On est contre la paroi et il y a des escaliers en lacet à perte de vue… On va y passer presque 2h, c’est de loin la partie la plus dur de la rando. Arrivé en haut, on retrouve des arbres, un peu d’ombre et un sentier qui mène jusqu’aux chutes elles-mêmes. On peut aller voir les chutes de très prés mais pour ca il faut emprunter un chemin assez dangereux. On descend de rocher en rocher en s’aidant des rampes métalliques installées ca et la. En face de nous il y a la vallée… 900m plus bas et on est accompagné par le bruit assourdissant des chutes. C’est impressionnant mais la vue en vaut la peine. On est juste à cote des chutes avec la vallée à nos pieds ; pas aussi impressionnant qu’Angels landing mais pas loin !

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On profite du lieu un bon moment et on se remet en route quand un autre groupe arrive. On remonte un peu la rivière pour trouver un endroit pour se reposer et manger. S’en suit une heure de bronzette et de trempage de pied dans l’eau glacée. On a mis 4h pour monter et même si on sait qu’on ira plus vite pour descendre il est déjà 14h et on ne veut pour rien au monde devoir finir la rando pressé par la nuit tombante. Comme prévu le retour est beaucoup plus facile. Les genoux et les quadriceps n’apprécient que très peu la descente mais il ne nous faudra que 2h30 pour nous retrouver a notre point de départ. Il nous reste un peu d’énergie et quelques heures de lumière, on décide donc faire un détour par la Lower Yosemite Falls trail en revenant vers le camp. On fait une petite pause sur un banc avant d’y aller et lorsque Mar sort son reste sandwich, un oiseau se pose en face, très intéressé. Il aura droit à quelques petits morceaux de jambon. Pas grand-chose à dire sur la Lower Yosemite Falls…c’est blindé de touristes et après les vues du sommet, ce n’est pas du tout impressionnant. On ne s’attarde pas et on regagne nos pénates. Bilan de la journée : 800m de dénivelé, 6h35 de marche, 1h de pause… bref, une journée bien remplie.

16 octobre 2014

Call of the Wild

Jeudi

Apres le court interlude a Mono Lake, on replonge dans de l’intense avec le parc national du Yosemite. Pour entrer dans le parc, on doit passer par la Tioga pass à 3000m d’altitude. On a beau être au mois de Juin, la route n’est ouverte que depuis quelques semaines et certaines années elle n’est pas encore ouverte à cette époque. C’était une de nos inquiétudes en planifiant le voyage mais la météo et le changement climatique (sécheresse monstre en Californie) font qu’il y a eu peu de neige cet hiver. On est parti assez tôt de Lee Vining mais il y a quand même un peu d’attente en arrivant à l’entrée du parc. La route suit un torrent de montagne caché dans les arbres. Peu après on arrive à un lac qui, a notre grande surprise, est encore gelé. Une grosse marmotte prend le soleil sur une pierre sans s’inquiéter des touristes autour. On verra même un coyote d’assez près un peu plus loin.

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Notre destination finale est Curry village dans la vallée au sud de laquelle nous sommes pour le moment. A vol d’oiseau c’est aux environs de 15km mais comme on n’a pas trouvé la voiture volante de Luke Skywalker a Death Valley on doit se contenter de faire le tour… (100km). L’avantage de Yosemite c’est qu’il y a des choses à voir partout. Dans cette vallée, il y a Tenaya lake. Je n’avais fait qu’en faire le tour il y a 4ans pour cause de fatigue physique intense, mais il y a d’autres balades plus intéressante à faire. Et ca tombe bien parce qu’on est en pleine forme. On laisse la voiture à Tenaya lake et on se rend au bord du lac. Les montagnes et les forets environnants se reflètent dans le lac, c’est magnifique. De là on suit le sentier qui mène a Olmsted Point. C’est une balade d’une heure et demie à travers foret et prairie alpine pour finir sur une énorme montagne de granite. De là on a une vue imprenable sur une autre énorme montagne de granite, le half-dome. Il est déjà temps de redescendre si on veut avoir le temps d’arriver au mirror lake pour la tombée de la nuit. Sur le chemin du retour on manque un embranchement et on s’en rend compte en arrivant sur la route quelques minutes plus tard. Il n’y a pas moyen de couper à travers tout a cause des rivières donc en retrace nos pas jusqu'à l’embranchement pour retrouver le bon chemin. On laissera passer un groupe de cervidés sur la route de Curry village.

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Avant d’aller au village récupérer les clés de notre tente, on laisse la voiture dans un des parkings et on fait la balade rapide jusque mirror lake. On arrive à temps pour profiter des reflets du half-dome dans le lac avec la nuit qui tombe. Il n’y a presque plus personne au lac a cette heure, juste nous, le calme et la nature. Il n’est que 19h mais il fait noir rapidement ici. Il ne nous reste plus qu’a récupérer notre tente, mettre notre bouffe dans la bear box et aller dormir tôt. On attaque l’upper Yosemite Fall demain, une rando autrement plus difficile que ce qu’on a fait jusque la. Les nuits sont froides ici. La fois dernière je m’étais gelé les miches et c’était fin juillet. Cette fois on a prévu des sacs de couchage en soie en plus des couvertures. Ma partenaire de voyage ajoutera même une polaire la nuit suivante.

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15 octobre 2014

Ghosts

Mercredi

Le programme de la journée est assez léger et ce n’est pas plus mal après les deux dernières journées. Il y a une ville fantôme, Bodie, pas loin au Nord. On a droit à une autre route de gravier pour y arriver mais on a de l’entrainement après Death Valley. En 1859 on découvre de l’or dans les collines, s’en suit la création d’une ville minière dans le plus pur style de la ruée vers l’or. Elle sera abandonnée vers 1920 même s’il reste des habitants jusqu’en 1942. C’est assez unique de se balader dans une ville fantôme. On peut entrer dans certains bâtiments, pour d’autres on ne peut que regarder par la fenêtre. Il reste du mobilier, des jouets, des produits dans les magasins et rien n’a bougé depuis des décennies. C’est un paradis pour photographe. On va passer pratiquement 5h là-bas à déambuler dans les rues abandonnées. La seule partie qu’on ne peut visiter qu’avec un guide est le complexe minier. C’est un gruyère en dessous et certaines parties sont instables.

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On laisse les fantômes en paix pour aller visiter Mono lake. Bodie Town est bien plus haut que le lac, du coup la route qui redescend vers le lac nous offre de superbe vue de la vallée. Le lac lui-même a failli disparaitre. Le coupable n’est pas mère nature comme pour Death Valley mais bien l’homme. Juste après la dernière glaciation, en se retirant, les glaciers avaient laisse un lac énorme qui allait de Mono lake à Death Valley. Avec un apport en eau trop faible pour cette région aride, ce super lac se s’est petit à petit évaporé, ne laissant que quelques petits lacs ça et la. En 1941, pour faire face aux besoins croissant en eau de Los Angeles, un aqueduc va être construit pour envoyer les eaux du lac vers la ville. En 50 ans, le lac va permettre la moitie de son eau avant qu’un plan de conservation ne se mette en place. Le bon cote de ce désastre écologique est que la baisse de 15m du niveau de l’eau a permis d’exposer les « tufa towers ». Ce sont des formations calcaires en forme de cheminée qui ne peuvent évidement se former que sous l’eau. On passe la fin de l’après-midi à se balader au bord du lac avant de retourner tranquillement à Lee Vining. Il y a aussi deux volcans éteints pas loin du lac mais on préfère garder nos forces pour le Yosemite.

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14 octobre 2014

Fangorn forest

Mardi

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Il est temps de dire adieu à Death Valley et de retourner sur la route. On a 400 km à faire aujourd’hui pour arriver à Mono Lake. Lorsque l’on part de Stovepipe Wells,  on est à une altitude de 3m et il fait déjà plus de 40C. Une demi-heure plus tard, a Towne Pass, on est à 1500m d’altitude et il fait moins de 30C… C’est très bizarre de voir la température chuter aussi rapidement sur le thermomètre de la voiture ! On s’arrête quelques fois en bord de routes pour admirer la vue et prendre des photos. On a la fameuse Sierra Nevada en face de nous avec la terre promise de Californie de l’autre coté. On arrive a un grand parking avec soi-disant une vue exceptionnelle… déception. Il n’y a pas grand-chose à voir, plein de monde et des impacts de balles sur les portes métalliques de toilettes. On continue tranquillement notre chemin en remontant vers le Nord le long de la Sierra Nevada. Apres avoir passé Lone Pine et Big Pine, on fait un détour pour aller saluer des arbres vénérables. La balade s’appelle Methuselah Trail. On est à 3000m et il ne fait plus que 20-22C. On lit studieusement les explications au Visitor Center et on se met en route pour 3h de balade. Il y a une 20aine de voitures dans le parking mais on ne croisera personne durant ces 3 heures. Cette forêt est spéciale. Ici ne pousse qu’un seul type d’arbre, le bristlecone pine. Il n’y a pas d’herbe pas de mousse, peu de vie animale. On est très haut dans la montagne, le sol est très rocailleux et le climat est aride. Cet arbre n’a donc pas de compétition et pas de « prédateurs » mais pratiquement pas de resources non plus. Ils sont obliges de pousser loin les uns des autres a cause du manque de ressources et ils poussent extrêmement lentement ; ce qui fait qu’ils sont extrêmement dur. Le seul risque pour eux est d’être frappe par la foudre et de bruler. Certains on d’ailleurs des parties brulées et mortes mais ca n’empêche pas l’arbre de continuer à pousser. Il n’y a pas de décomposition la haut et même brulé, la structure reste robuste. Tout ceci mis ensemble fait que certains spécimens approchent les 5000 ans. A cette époque l’humanité commençait à construire des pyramides…

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On est seulement a mi-chemin et il est déjà 18h. On reprend donc la route et on arrivera à Mono Lake vers 21h. On a bien tenté d’acheter du pain a Bishop mais ils n’ont pas les même horaires qu’a New York du coup on ne peut pas tester cette boulangerie pourtant réputée dans la région. Notre hôtel pour les 2 prochaines nuits et un motel en bord de route. La ville elle-même n’est qu’une suite de motels, de bars et de magasins le long de la route principale. Elle est située a l’entrée Est de Yosemite et il y a 2-3 choses à voir dans le coin ce qui en fait un arrêt bien pratique en venant du sud.

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13 octobre 2014

Highway to Hell

Lundi

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Il est 4h15 quand le réveil sonne et ce n’est pas une erreur de manipulation ! On veut profiter du lever de soleil à Zabriskie Point après avoir profité du coucher de soleil lors de notre arrivée dans le parc. C’est à 45min en voiture et quand on arrive il fait encore noir. Il y a déjà quelques personnes qui attendent, dont des photographes avec leur trépied. Le spectacle est encore une fois magique, on perd progressivement les étoiles, le ciel passe du noir au bleu fonce puis, pour annoncer le soleil, des teintes rouges viennent s’ajouter au tableau. On reste une grosse heure à admirer les jeux de lumières sur les montagnes environnantes. Des gens continuent à arriver mais le plus beau du spectacle est fini est on se met en route pour Dante’s view. On monte dans la montagne pendant presque qu’une heure. A l’arrivée on a une vue plongeante sur Death Valley qui vaut tous les zigs et les zags de la montée. Il n’y a quasi personne la haut ce qui rend l’expérience encore plus agréable. Juste en bas de, on peut voir ce qui reste du lac. Il réapparait de temps en temps à la faveur d’un gros orage mais pour le moment ce n’est qu’une étendue de sel. Et c’est aussi notre destination suivante. Zig et zag et zig et zag, on redescend de la montagne. La différence de température est incroyable entre Dante’s view (1700m) et Badwater bassin (-86m), on comprend mieux pourquoi les gens qui vivaient ici passaient l’été dans la montagne. Il n’est que 10h mais on commence déjà à avoir trop chaud dans la vallée.

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Badwater bassin est le point le plus bas d’Amérique du Nord. A perte de vue s’étend un lac de sel. Il reste un peu d’eau prés de la route mais c’est tout. Il n’y a pas d’ombre et on a l’impression d’être des œufs sur une poêle. Un poil plus loin il y a le Devil’s golf course. Au lieu d’être plat, le sel a ici formé des petits monticules. Seul le diable pourrait jouer au golf sur un terrain pareil on du penser les premiers colons. On ne s’y attarde pas, c’est en plein soleil… Avant de retourner a l’hôtel, on fait un arrêt au natural bridge canyon.  C’est une petite balade d’une heure (avec des zones d’ombres !) qui permet d’admirer un pont naturel. C’est à l’eau que l’on doit cette construction. Des différences de résistance dans la roche on fait dévier la rivière qui coulait la mais elle a fini par trouver un chemin par-dessous le bloc de roche dure pour reprendre son tracé initial.

Il est 12h30 mais ca fait déjà 8h qu’on est debout, on retourne donc a l’hôtel pour une sieste bien méritée. On est a deux doigts de tomber en panne d’essence mais Furnace Creek est la pour nous sauver. Apres une sieste de 3-4 heure (ou une demi-nuit selon comment on voit ça), on revient dans la même zone pour terminer de voir ce qu’on n’a pas eu le temps de voir le matin. Quand on remonte dans la voiture, le thermomètre interne affiche 140F (60C)! On doit aérer un moment et mettre la clim pour éviter de cuire. On commence par Artist Drive. C’est une boucle que l’on fait en voiture et qui permet d’admirer les milles et unes couleurs des roches de Death Valley. Il y a de tout, des verts, des bleus, des noirs, des blancs,… un paradis pour géologue.

Il commence à se faire tard mais on a une dernière chose à faire et on ne peut pas ne pas y aller. Le Golden Canyon est l’endroit ou ont été tournées les scènes de Star Wars ou D2R2 se fait capturer par les Jawas et où Luke Skywalker se fait attaquer par les hommes des sables. Comme son nom l’indique le canyon est très… jaune. Il est passé 21h et la température est enfin agréable. On s’enfonce dans le canyon pendant une grosse demi-heure mais on doit rebrousser chemin par manque de lumière. Quand on sort enfin du canyon il fait nuit… on aurait du prendre les lampes torche avec nous, heureusement on avait le téléphone.

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Retour à Stovepipe Wells pour manger un bout. On a une dernière chose à faire pour notre dernière nuit à Death Valley. On retourne dans les dunes de Mesquite Flat. Sans aucune pollution lumineuse et sans aucun nuage le ciel est majestueux. On voit un million d’étoiles et l’appareil photo arrive même à capturer la voie lactée. C’est presque aussi impressionnant qu’a Wadi Ram (Jordanie). On passe un bon moment, allongé dans le sable, profitant des étoiles. Death Valley a définitivement tenu ses promesses, on est loin d’avoir tout vu mais on repart avec des souvenirs inoubliables.

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12 octobre 2014

Dune, Flash floods and droids

Dimanche

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On voulait se lever tôt pour éviter le gros de la chaleur mais ce sera pour un autre jour. Heureusement il n’est pas trop tard pour le petit-déjeuner mais en sortant de la chambre pour s’y rendre on sait déjà qu’on va souffrir de la chaleur et il est à peine 9h du matin. La première attraction de la journée sont les dunes de sable de Mesquite Flat. C’est sur la route de Furnace Creek à 5-10 minutes. Pour la petite histoire c’est dans ces mêmes dunes qu’on été tourne les scènes de Star Wars épisode IV lorsque les droides arrivent en capsule de survie sur Tatooine. On se balade pendant une grosse heure dans les dunes. On pensait faire un aller-retour à la plus grosse dune mais les distance sont trompeuses et vu qu’on est parti avec une seule gourde et que le soleil tape déjà très fort on fait demi-tour avant d’y arriver. Notre deuxième destination est aussi a cote de Stovepipe Wells, c’est Mosaic Canyon. Le chemin pour y aller est à peine praticable en voiture, c’est des graviers avec des nids de poule énormes. On roule pratiquement au pas pour éviter de détruire la voiture des le début du voyage.

Le début de la balade est la partie la plus impressionnante. Ca commence par un canyon tres étroit avec des parois en marbres sculptées par l’eau. Il n’y a d’eau à cette période de l’année et quand il y en a c’est des inondations soudaines et tres violentes. Les différentes strates de roches sur les parois font comme des peintures naturelles, une œuvre d’art que la nature a mis quelques millions d’année à créer. On s’enfonce dans le canyon pendant une petite heure jusqu'à ce que celui-ci s’élargisse. Sur le chemin on croise une chute d’eau asséchée, elle aussi taillée dans le marbre… magnifique.

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Il est midi et on ne peut plus tenir dehors, il fait trop chaud. On se refugie dans notre chambre climatisée avec au programme piscine et sieste en attendant que le soleil se calme. Au programme de la fin d’après-midi, le cratère Ubehebe. Il est au nord du parc, a 1h de voiture. Sur le chemin se trouve Salt Creek. On est au cœur de Death Valley et pourtant dans cette petite vallée il y a de l’eau. Certes elle est salée et elle n’est pas présente pendant toute l’année mais c’est pourtant suffisant pour une espèce particulièrement résistante de poisson (Salt Creek Pupfish). On peut se balader dans cette vallée en empruntant un chemin sur pilotis pour éviter de perturber ce fragile écosystème. Apres une petite balade dans ce petit coin de paradis (pour les standards de Death Valley), on reprend la route direction le cratère Ubehebe. Le paysage autour du cratère est complètement différent. C’est de la terre noire partout sur laquelle pousse des buissons… et rien d’autres. On se croirait sur une autre planète. Le cratère en lui-même est impressionnant, d’autant plus quand on sait comment il s’est formé. Il y avait une poche d’eau sous terre à cet endroit et le volcanisme en dessous a chauffé l’eau jusqu'à faire tout exploser. Le résultat est ce cratère de 200m de profondeur et de 500m de rayon. Dans toute la plaine aux alentours, il y a évidement des pierres plus ou moins grosses qui témoignent de la violence de l’explosion. On se balade autour des deux cratères en profitant du coucher de soleil avec ces couleurs magiques.

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11 octobre 2014

Zabriskie Point

Samedi

La nuit avant de partir, il y a toujours un million de trucs à faire. On sait qu’on devrait se coucher tôt mais les derniers préparatifs et l’excitation font qu’en pratique ca n’arrive jamais. Et quand a 4h30 le réveil sonne, la nuit de sommeil ressemble du coup beaucoup plus a une sieste qu’à une nuit de sommeil. Maudissant le réveil, on attrape toutes nos affaires et on se met en route pour l’aéroport. Un coup de taxi jusque Port Authority et un bus jusqu'à Newark. On est dans les temps. Assis tranquillement dans le bus, ma partenaire de Road Trip (et plus si affinité) se rend compte qu’elle a laisse toutes ses cartes de crédit a la maison. Il est trop tard pour retourner et elle devra donc vivre a crédit pendant tout le voyage ! 

Notre plan de route est de louer une voiture à Las Vegas et d’aller à San Francisco en passant par Death Valley et Yosemite. New York-Las Vegas c’est 5h de vol mais il y a 3h de différence donc on arrive 2h après avoir décollé en temps local. 5h en vol intérieur aux US c’est long, particulièrement avec UNITED. Tout est payant, de la bouffe aux films…

A Vegas, on mange vite fait dans l’aéroport et on se met enfin en route. Premier étape, récupérer la voiture. Arrive au centre de location, on voit avec horreur une file interminable de gens qui tout comme nous récupèrent leur voiture de location. Une bonne heure plus tard, on est finalement motorisé et après un arrêt pour faire le plein de bouffe et d’eau pour le désert on est en route pour Death Valley.

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Le paysage autour de Las Vegas est très désertique, on a pu le voir depuis l’avion mais c’est encore plus flagrant sur la route et plus on s’approche de Death Valley plus ca s’accentue. Avant même d’entrer dans le parc (Death Valley est un parc national) les téléphones perdent tout signal. On achète notre ticket a la borne automatique a l’entrée du parc sous l’œil d’un corbeau et on se prépare au premier arrêt touristique. Il nous reste 1h avant le coucher du soleil et ca tombe bien puisqu’on veut profiter du spectacle à Zabriskie Point. Sans surprise, il y a une horde de touristes à cet endroit mythique mais le coucher de soleil en vaut la peine. La lumière qui se tint progressivement en rouge met en relief le paysage torturé et minéral. C’est un petit paradis pour les photographes.

Une fois le spectacle termine, on reprend la route pour Stovepipe Wells. A l’intérieur du parc, il y a 2 villages. Le tres (trop) touristique Furnace Creek et le plus confidentiel Stovepipe Wells. Ils sont a 30 minutes l’un de l’autre et même si Furnace Creek a une position plus centrale dans le parc il est vraiment trop touristique pour notre gout. Il est a peine 21h quand on s’écroule dans notre chambre d’hôtel mais la journée a été longue (sans compter les 3h de décalage).

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7 novembre 2013

Muad'dib

Samedi

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Dans le désert on se lève tôt, qu’on le veuille ou non ;) On veut profiter des heures ou il ne fait pas trop chaud c’est sur mais de toute façon la tente se transforme rapidement en sauna. Notre guide va nous balader en 4*4 toute la matinée pour nous montrer quelques endroits remarquables du désert. Le premier arrêt est un pont naturel en roche. On grimpe tout en haut histoire de profiter de la vue. Pour la descente, je suis sagement (ou pas) l’exemple du guide en courant sur la pente avant de sauter pour atterrir dans le sable mou quelques mètres plus bas. C’est rapide et efficace comme technique (et peut être un peu dangereux certes) ce qui forcement me plait beaucoup. J’ai après tout du sang de chèvre et de singe dans les veines c’est donc assez simple pour moi ;) L’arrêt suivant est aussi un pont de pierre naturel mais moins impressionnant. On a par contre une meilleure vue sur ce désert tres rouge et essentiellement rocailleux. Il y a quand même quelques dunes de sable et le guide nous emmène sur l’une d’entre elle pour tester le sandboarding. Ca se fait avec une planche de snowboard et on descend la dune. Le sable est loin de glisser autant que la neige et on se contente en fait d’aller tout droit. Je n’ai pas mis mes chaussures de rando et je me brule les pieds sur le sable de la dune. Celui-ci est tellement chaud que je dois m’arrêter tous les quelques mètres d’ascension pour éviter de prendre feu. La dune elle-même est impressionnante, énorme masse de sable rouge dont on se rend mieux compte des dimensions quand on commence à l’escalader. Cette dune sera la dernière aventure pour les chaussures de rando de ma guide et traductrice préférée. Paix a leur âme !

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On passe ensuite voir un Siq asséché qui est comme une entaille dans la montagne tellement il l’a creusé profondément. On le remonte quelques minutes avant d’être bloques par des éboulis. Après une petite pause thé sous la tente proche du Siq nous revoilà en route pour la dernière attraction de la matinée – La source de Lawrence.  Le site contient des ruines de différentes structures, des inscriptions nabatéennes et si on a le courage (et des chaussures de rando en état) on peut grimper sur les rochers inégaux pour aller voir la source cachée tout la haut. Il n’y a pas de chemins et ce n’est pas loin d’être de l’escalade. La source est facile à trouver, il y a un arbre qui pousse à coté… le seul sur des kilomètres. La montée est rude, après la dune je me retrouve encore une fois à faire du cardio training. C’est la saison sèche, la source est anémique mais bien visible et la vue de là haut en vaut les efforts consentis pour y arriver. Notre guide nous ramène au village et nous lui disons adieu ainsi qu’au désert.

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Il est malheureusement temps pour nous de prendre le chemin du retour. J’ai mon avion le lendemain et mon étudiante a sa semaine de cours qui recommence. On a évidement prévus des arrêts visites sur le chemin. Il s’agit de deux châteaux datant de la période croisée à Shobak et a Karak. Le premier est au milieu de nulle part sur un site qui ne demandait visiblement qu’a avoir son château fort. Il est bâti sur une colline avec des pentes très raides de tout cotés, position défensive idéale. Des gardes en uniforme de l’armée saladin (avec le téléphone portable dans la botte) nous accueillent et l’un d’eux nous fera même une petite visite guidée. Le tout est assez classique, église, salle d’armes, murailles et même un passage secret. Celui-ci descend dans la colline et permet de sortir tout en bas. Je tente évidement l’expérience. Il fait super sombre, je n’ai que mon téléphone pour m’éclairer et après une 20aines de vraies marches, ce ne sont plus que de vagues marches glissantes sculptées dans la roche. Je manque de me vautrer plusieurs fois mais j’arrive sain et sauf en bas. Il y a comme prévu une source et un groupe de volontaire est en train de la nettoyer. Ils sont un peu surpris de me voir arriver. Je fais demi-tour et je remonte. La remontée est plus de l’escalade qu’autre chose mais elle est moins dangereuse que la descente. Arrivé en haut je surprend mon interprète et notre guide du jour qui s’attendaient a ce que je remonte par la route.

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Remontant toujours vers le nord, on s’arrête un peu plus tard a Karak. C’est une ville assez grande disposant d’un énorme château fort. En arrivant à la grille on nous dit qu’il est fermé mais finalement il ne l’est pas… c’est courant en Jordanie. On a une super vue de la ville et de la vallée de là haut. Comme celui de Shobak les bâtiments sont construits les uns sur les autres (littéralement) Et il y a donc un marché couvert remarquablement bien conservé,  des écuries immenses (et couvertes), etc. On traine un peu en visitant. C’est notre dernière visite du voyage et on n’a pas vraiment envie que ca s’arrête. On rentre a Amman a la nuit tombée pour un dernier resto et une dernière mente citron. J’ai mon avion le lendemain matin aux aurores et la miss a ses cours qui reprennent et la visite de la Mama à préparer.

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Je suis allé en Jordanie un peu par hasard mais c’est vraiment un pays à visiter. Il y a énormément de contenu historique très intéressant ainsi que de nombreuses possibilités d’aventures. Une semaine c’est un peu juste même si on a vu beaucoup de choses. J’aimerai retourner à Wadi Mujib pour faire la version longue de la Siq Trail, j’aimerai passer plus de temps à Dana et pourquoi pas faire la rando de Dana a Petra et surtout passer plus de temps dans le désert. Profiter du calme, du rythme, des levers et couchers de soleil incroyable, des vues,… une autre fois j’espère ! C’était surtout notre premier voyage ensemble, Mar et moi, et j’ai le sentiment que ce n’est que le premier d’une longue série.

6 novembre 2013

Elle descend de la montagne à cheval

Vendredi

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Apres toutes les émotions de la veille le lever est un peu difficile est on se met en route plus tard que prévu. Le chemin est très différent de jour. Des tombes ont remplacé les ombres de la veille, des canalisations taillées dans la paroi du Siq sont visibles sur les cotes, … on a perdu un peu en mystère mais il y a beaucoup de détails qui nous sont révélés a la lumière du jour. Le trésor est très impressionnant de jour aussi, la place est grouillante d’activité, entre les marchands, les chameaux, les ânes (pas les touristes), les touristes (pas les ânes) on croirait la ville revenue a la vie. On a décide de faire une rando de 1h30 (selon le guide) qui nous fait passer par la montagne. Il y a toute une série de lieux intéressant sur le chemin et des vues mémorables de Petra. On commence par des escaliers sculptes a même la roche qui serpentent a flanc de montagne nous emmenant toujours plus haut. C’est raide, on doit s’arrêter plusieurs fois pour reprendre notre souffle. Le soleil est en plus déjà haut dans le ciel ce qui n’aide pas. Au bout d’une heure on arrive enfin aux premiers sites. On passe devant des obélisques qui n’ont pas êtes poses la mais sculptés hors de la montagne. Vous avez bien compris, ils ont sculptes le sommet de la montagne pour en laisser un obélisque... dingue ! C’est en fait une constante à Petra. Ils leur manquaient les compétences en ingénierie pour construire, ils se contentaient donc de sculpter leurs temples et autres structures directement dans la montagne. Je n’ose imaginer le temps que ca a pris. Tout en haut, il y a un autel utilisé pour des sacrifices lui aussi fait en utilisant la même technique. L’avantage de cette manière de faire c’est que ca résiste sans problème au passage du temps. Les vues sur Petra de là haut sont incroyables. Les pentes sont très escarpées comme on a pu le voir en montant, du coup on a l’impression d’avoir la vallée sous nos pieds. On galère un peu pour trouver la suite du chemin mais nous revoici reparti. Ca fait déjà 1h qu’on marche et on n’a vu qu’une petite partie de ce qu’on était sensé voir ce qui nous fait penser que le guide nous a peut être menti... on croise des ânes qui sont passés par on ne sait ou puis on arrive a la source du lion. C’est une ancienne fontaine dont il ne reste que le lion sculpté dans la paroi. On est enfin en train de redescendre, ce qui nous redonne espoir. Les réserves d’eaux sont basses, le soleil toujours haut et la fatigue se fait sentir. On passe par une petite vallée pleine de tombes et de jardins asséchés pour arriver à la tente d’un marchand. On se repère enfin sur la carte et la guide nous annonce qu’il nous reste 1h de marche. Apres une pause bien méritée et un ravitaillement en eau, nous revoilà sous le soleil à marcher...On a faim ! Une fois de plus le guide nous a menti, on ne se plaint pas cette fois, 5min plus tard on est en vue de Petra City et 5min après on est au resto. Ce qui ne devait prendre qu’1h30 nous a pris en réalité plus du double…  

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Les ventres remplis et les jambes un peu reposées on retourne à la visite du site. On a l’option d’aller visiter la partie nommée le monastère mais on ne fait pas trop confiance au guide et en plus celui-ci est situe en hauteur ce qui fait qu’on décide de passer un peu de temps dans les ruines de Petra City, avant de retourner petit a petit a la case départ. Il y a eu un gros travail de restauration (lire puzzle 3D) dans la ville. Il y a 2 gros temples, la rue marchande, des termes, … comme pour Jerash, ca permet de se faire une idée précise de ce qu’était cette ville a l’époque. On fera une dernière petite pause pour un délicieux jus d’orange presse avant de repasser par la partie touristique faire quelques affaires (avec négociation !). Sur la partie entre le Siq et la ville moderne on a droit au spectacle consternant des touristes essayant de faire du cheval. Ils ont droit à une échelle pour monter sur les pauvres bêtes et une fois dessus il donne un triste spectacle pour le cavalier que je fus.

Apres s’être débarbouillé clandestinement a l’hôtel, on se remet en route. On doit être à Wadi Ram le soir même. On a réservé une tente dans un camp bédouin pour y passer la nuit et faire une petite visite du désert le lendemain. La route sera presque sans histoire. On croise un autre troupeau de moutons que les bergers ne se pressent pas de sortir de la route mais notre attente est égaillée par le bélier qui est visiblement chaud et qui tente de monter les brebis sous l’œil hilare des bergers. On passera un peu plus tard à deux doigts de se prendre un chien qui se balade sur l’autoroute mal éclairée une fois la nuit tombée. Notre guide bédouin nous récupère a l’entrée du désert et nous voila en route pour une expérience effrayant de conduite de nuit dans le désert. On ne voit presque rien, il roule super vite et il y a des traces de pneus dans le sable qui vont dans toutes les directions. Je ne m’explique toujours pas comment il peut s’y retrouver.

On est attendu avec impatience par les autres visiteurs mais comme ils sont en majorités espagnols on ne culpabilise pas trop, après tout il est super tôt pour manger si on suit les standards ibériques :D Le temps de poser nos sacs dans la tente, on va tous assister a la sortie de la nourriture… du sable ! Ils mettent en effet toute la bouffe dans une cuve métallique composée de plusieurs étages. La cuve est ensuite enfuie dans le sol et ils font bruler du charbon dessus puis recouvrent le tout de sable. Ca cuit ensuite pendant plusieurs heures et c’est délicieux !

Apres le repas, on s’éloigne un peu du camp pour profiter de la nuit étoilée. C’est majestueux. La lune n’est pas encore levée ce qui, combinée a l’absence de pollution lumineuse et a l’air très sec, nous donne l’occasion de voir un ciel rempli d’étoiles. On s’allonge dans le sable pour profiter du spectacle. Apres quelques minutes, nos yeux sont habitues a l’obscurité et on voit clairement la voie lactée, c’est la première fois que je la vois comme ca a l’œil nu. C’est plus vrai que nature. Ce ciel constelle d’étoiles est bordes par les masses sombres des montagnes, celle contre laquelle le camp est adosse est particulièrement impressionnante. Dans ce décor sombre, le lever de lune se ressent comme une intrusion. Elle n’est pas loin d’être pleine et on a pu deviner sa luminosité derrière les montagnes avant de la voir. Pour compléter ce tableau enchanteur, on aura droit à plusieurs passages d’étoiles filantes. Poussé par la baisse de la temperature et par le sommeil, on rentre finalement dans notre tente. Le lendemain sera notre dernière journée de road trip et pour changer on a un agenda de ministre.

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Ju in America
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